Idée reçue n°3 :
Quand on parle d’écologie, on entend parfois que c’est « un truc de riches » et qu’on oublie le social ou les plus pauvres. En réalité, c’est souvent l’inverse : l’écologie est une question de justice sociale. Les plus riches sont ceux qui contribuent le plus au changement climatique par leur mode de vie (les 10% les plus riches étant responsables d’une grande part des émissions), tandis que les plus pauvres y contribuent moins… mais en subissent les conséquences les plus graves.
Partout dans le monde, les populations vulnérables sont en première ligne : au Bangladesh face à la montée des eaux, et en France avec la précarité énergétique (logements mal isolés, canicules plus difficiles à supporter). La crise écologique aggrave aussi la grande pauvreté et les inégalités entre le Nord et le Sud.
C’est pourquoi cela n’a pas de sens d’opposer social et environnement : comme le rappelle Laudato Si’, il n’y a pas deux crises séparées, mais une seule crise socio-environnementale. Dans la théologie catholique, l’écologie s’inscrit d’ailleurs comme un prolongement de la Doctrine sociale de l’Église. Enfin, loin d’être un luxe, l’écologie est une urgence vitale pour les pays pauvres : à l’approche de la COP30, des évêques d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes ont d’ailleurs appelé à des décisions ambitieuses au nom de la justice, de l’équité et de la protection des peuples.
Pour aller plus loin :
Un article de « Nature Climate Change » Les groupes à revenus élevés contribuent de manière disproportionnée aux phénomènes climatiques extrêmes à l’échelle mondiale. https://www.nature.com/articles/s41558-025-02325-x
Charlotte Mijeon, étudiante en théologie est en formation pour devenir pasteure de l’EPUdF, s’appuie sur ses recherches personnelles qui portent sur des approches catholiques, protestantes et orthodoxes de l’écologie.