Septembre a cette étrange manière de nous faire regarder dans deux directions à la fois. Derrière nous, l’été, son rythme différent, les rencontres, les haltes, peut-être un peu de silence. Devant nous, des agendas qui se remplissent, des rendez-vous qui reprennent, des projets qui attendent de devenir réalité. Nous pourrions appeler cela « la rentrée ». Mais dans l’Église, peut-être pouvons-nous y entendre autre chose qu’un simple recommencement.
Et si septembre était surtout une invitation à nous rendre disponibles à ce qui vient ?
À ce que nous avons préparé, bien sûr, mais aussi à ce que nous n’avions pas prévu. À celui ou celle que nous ne connaissons pas encore. À une question nouvelle, à une rencontre inattendue, à une manière différente de faire Église. L’Évangile est traversé par ce mouvement. Jésus va à la rencontre. Il s’arrête. Il écoute. Il appelle. Il franchit des frontières que l’on croyait bien établies. Et surtout, il ne demande pas à celles et ceux qu’il rencontre d’avoir tout compris avant de le suivre. Il dit simplement : « Suis-moi. »
Cette rentrée pourrait alors être moins celle de nos programmes que celle de notre disponibilité. Disponibles pour nous retrouver, bien sûr, avec la joie des visages familiers. Mais disponibles aussi pour accueillir celui qui pousse notre porte pour la première fois. Pour entendre une parole qui nous déplace. Pour regarder autrement notre monde et cette Création qui nous est confiée. Pour découvrir que Dieu agit parfois précisément là où nous n’avions rien organisé.
Notre Église entre elle aussi dans une saison nouvelle. Nous savons déjà certains des rendez-vous qui nous rassembleront ; beaucoup de ce que nous vivrons reste encore à écrire. Et c’est sans doute heureux ainsi. Peut-être qu’une Église vivante n’est pas seulement une Église qui organise, prévoit et remplit son calendrier. C’est une Église qui demeure attentive : à la Parole qui l’appelle, au monde qui l’entoure, aux personnes qui se présentent, aux questions qui surgissent.
Alors, en ce mois de septembre, ne cherchons peut-être pas seulement à bien « reprendre ». Retrouvons-nous avec joie. Laissons de la place à l’inattendu. Accueillons de nouveaux visages. Osons ce qui n’a pas encore été essayé. Et gardons nos vies ouvertes au souffle de Dieu, au Dieu qui nous précède toujours un peu plus loin que nos projets.
Belle rentrée à toutes et à tous !