célébration de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Jeudi 23 janvier 2025, à Vendôme. 

Cette rencontre œcuménique, rassemblant des chrétiens de différentes confessions, catholique, protestante et orthodoxe, a offert un moment de communion et de prière autour du thème de cette année : « Crois-tu cela ? ».

Dans une atmosphère de recueillement et de fraternité, la célébration s’est déroulée avec la participation des représentants des différentes Églises de la région. Les chants, les prières partagées et les lectures bibliques ont permis d’unir nos voix dans un même élan spirituel.

La prédication et l’homélie, prononcées à partir du texte de Jean 20, 24-29, ont invité chacun à réfléchir sur la foi et l’acte de croire. Ce passage, où l’apôtre Thomas passe du doute à la confession de foi en déclarant « Mon Seigneur et mon Dieu ! », est une source d’espérance pour tous ceux qui cherchent ou traversent des moments d’incertitude.

L’Eglise Protestante Unie de Loir-et-Cher tient à remercier chaleureusement toutes les personnes ayant contribué à la réussite de cette célébration : les responsables des Églises, les musiciens, les lecteurs, ainsi que l’ensemble des participants. Cette rencontre nous rappelle que l’unité chrétienne est avant tout un chemin, une dynamique portée par la prière et l’amour fraternel.

Rendez-vous pour la prochaine étape de cette semaine de prière. Continuons à œuvrer pour cette unité à travers nos gestes du quotidien, tout au long de l’année.

Que la paix du Christ soit avec chacun de vous !

 

Voici le détail de la prédication :

« Frères et sœurs en Christ, En cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous portons ensemble un espoir : celui d’une Église unie dans sa diversité, fidèle au témoignage du Christ ressuscité. Le thème choisi cette année, « Crois-tu cela ? », résonne comme une invitation personnelle et collective. Cette question, posée par Jésus à Thomas dans l’Évangile de Jean, traverse les siècles pour toucher nos cœurs et nos Églises. Croire, c’est s’ouvrir à une réalité plus grande que soi, une réalité qui dépasse nos doutes et nos frontières. Aujourd’hui, nous sommes invités à prendre place dans cette salle où les disciples se rassemblent, portes fermées, craintifs, divisés par leurs doutes. C’est dans ce contexte d’hésitation et de fragilité que Jésus apparaît, offrant paix et présence. Cette rencontre éclaire non seulement la foi individuelle de Thomas, mais aussi notre chemin vers l’unité, car au cœur de notre diversité, c’est bien un même Seigneur qui se tient au milieu de nous. Thomas, souvent surnommé « l’incrédule », mais que nous pourrions aussi appeler « le réaliste », nous guide à travers son histoire, vers une découverte : il n’y a pas d’unité sans une rencontre personnelle et authentique avec le Christ vivant.  Alors, osons nous laisser questionner. Et si, comme Thomas, nous prenions le risque de confronter nos incertitudes à la présence du Christ ? Et si cette rencontre nous rapprochait les uns des autres, en Église, pour que notre témoignage commun soit une lumière pour le monde ?

Thomas, l’un des disciples les plus proches de Jésus, se trouve dans une situation que beaucoup d’entre nous peuvent comprendre. Lors de l’apparition de Jésus ressuscité aux autres disciples, Thomas est absent. Quand il revient et entend parler de cette rencontre extraordinaire, il refuse d’y croire sans en avoir une preuve directe. Il demande à voir et toucher les plaies de Jésus pour être convaincu que ce qu’on lui raconte est vrai. Sa réaction, est humaine : elle exprime une profonde quête de vérité. « Si je ne vois pas, je ne croirai pas. » Ces mots, si réalistes, résonnent encore aujourd’hui dans nos cœurs. Il n’est pas le seul à douter. Combien de fois, dans nos vies de chrétiens, avons-nous éprouvé des doutes face à des situations difficiles, face à des questions théologiques ou encore face à l’état du monde ? Les divisions entre nos Églises, les incompréhensions, les désaccords peuvent aussi nourrir nos doutes. Parfois, nous nous demandons si l’unité chrétienne est réellement possible. Comment pouvons-nous croire à une communion profonde quand tant de barrières persistent entre nous ? La diversité des traditions, des doctrines, et des expériences de foi peut nous laisser perplexes. Cependant, le doute n’est pas l’opposée de la foi, mais plutôt un terreau fertile où la foi peut se renforcer. C’est une réalité que nous devons accepter et même célébrer. Le doute nous pousse à poser des questions, à chercher des réponses. Il nous empêche de nous contenter de réponses superficielles ou de certitudes trop faciles. Comme Thomas, nous sommes invités à entrer dans un chemin de recherche plus profonde. Et si nous acceptons de ne pas avoir toutes les réponses, mais d’accepter d’être en quête de sens avec nos frères et sœurs, peut-être pourrons-nous découvrir une vérité plus grande que ce que nous pouvions imaginer. Le doute nous pousse, nourrit notre quête d’unité, même dans un monde où les divisions semblent nombreuses et profondes. Le doute est aussi un moyen de rendre notre foi plus vivante et plus authentique. Comme pour Thomas, il nous oriente vers le Christ, à ne pas nous contenter des apparences, mais à chercher la vérité dans la rencontre réelle et directe. Dans nos discussions, dans nos partages de foi, nous sommes invités à ne pas avoir peur du doute, mais à le vivre comme une invitation à entrer plus profondément dans l’amour du Christ et dans la communion des chrétiens.

Il est vrai que lorsque Jésus apparaît à nouveau devant Thomas, il ne le réprimande pas pour ses doutes, mais il lui offre une réponse pleine de miséricorde : la possibilité de toucher ses plaies, de vérifier par lui-même que celui qui se tient devant lui est bien le Christ ressuscité. Jésus choisit de l’inviter à une rencontre plus intime et plus profonde avec lui. Cette attitude de Jésus nous montre une facette de l’unité chrétienne : elle ne se construit pas sur un jugement, sur des reproches ou des divisions, mais sur l’accueil et la rencontre. Jésus n’attend pas que Thomas soit déjà dans une foi parfaite. Il l’accueille là où il est, dans son doute, et il l’invite à une expérience vivante de sa présence. Ce n’est qu’après cette rencontre que Thomas pourra répondre avec foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jean 20, 28). Jésus nous enseigne donc ici que l’unité n’est pas une question de perfection ou d’adhésion immédiate à un ensemble de doctrines. Elle se construit d’abord sur la rencontre authentique avec le Christ, une rencontre qui s’adapte à nos besoins, qui prend en compte nos faiblesses et nos limites. Lorsque nous nous approchons les uns des autres, il est essentiel de nous rappeler que nous sommes tous en chemin, dans un processus de transformation. Laissons donc de côté la tentation de juger, et donnons la priorité à l’accueil, à l’écoute, et à la compassion. Cette dynamique d’accueil s’étend aussi à nos relations interconfessionnelles. Dans nos efforts pour construire une unité chrétienne authentique, il est essentiel de ne pas craindre d’aborder les points de divergence. Nous pouvons avoir des différences théologiques, liturgiques, culturelles, mais ces différences ne doivent pas être un obstacle à notre communion. Au contraire, elles sont l’occasion de nous rencontrer, d’apprendre à nous connaître, et de mieux comprendre la richesse de l’Église universelle. Jésus ne demande pas à Thomas de supprimer ses doutes, mais il l’invite à vivre une rencontre qui va au-delà de ses attentes initiales. Lorsque nous parlons d’unité, il ne s’agit pas de minimiser nos différences ou de les ignorer, mais de les confronter avec respect et ouverture, en laissant le Christ être notre médiateur. Il est celui qui réconcilie, celui qui nous guide dans la vérité et celui qui fait grandir l’amour. En suivant cet exemple, nous pouvons nous approcher les uns des autres, avec le désir d’écouter, de comprendre et de cheminer ensemble vers une unité plus profonde en lui. Jésus lui-même est celui qui unit, il est le pont entre les hommes, il est la source de toute réconciliation. En ce sens, l’unité chrétienne ne dépend pas de notre capacité à nous entendre sur tous les points, mais de notre volonté d’accueillir le Christ dans chaque rencontre, et de laisser son amour transformer nos relations. Il nous appelle à sortir de nous-mêmes, à dépasser nos divisions pour accueillir l’autre dans sa différence, et à laisser notre foi commune en Jésus-Christ être ce qui nous unit.

Frères et sœurs en Christ, en cette semaine particulière, un défi nous est lancé. Jésus nous pose à chacun cette question : « Crois-tu cela ? » Il nous appelle à dépasser nos doutes et à marcher ensemble dans la foi. Que son Esprit nous guide, nous unisse et fasse de nos communautés des lieux de lumière et de paix. Amen. »

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